TEMPLE – tempus, témenos, tàpès – TAPIS

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Un nouveau départ, un nouveau tapis

L’été touche à sa fin, retour de vacances, un nouveau départ, un nouveau cycle commence. Comme à la nouvelle année, à chaque rentrée beaucoup d’entre nous prennent de bonnes résolutions. 

Parmi ces bonnes résolutions : commencer ou continuer sa pratique du yoga. C’est alors que le yogi cherche ce qui lui est le plus important pour sa pratique : son tapis. Mais pourquoi un tapis est-il si important pour tout yogi(ni) ? 

Etymologie sacrée

L’origine étymologique de TAPIS est très intéressante et je la rappelle souvent à mes élèves (surtout ceux qui préfèrent souvent pratiquer sur un tapis emprunté ou loué) car elle renforce sa nature sacrée.

Tapis vient du mot grecque tàpes, hérité de la famille étymologique grecque temenos, qui en latin donne tempus. Tous les mots dérivant de cette racine commune Tem- désigne une division dans l’espace ou le temps, l’action de couper.

Ainsi le mot temps désigne la fragmentation, le fait de découper en durées – secondes, minutes, jours, semaines, mois, années, siècles, … – le cours d’une permanence.

Parmi les dérivés de cette même racine, le latin donnera Templum, le temple, qui donnera en bas-latin Tappetum et en grecque Tàpes ou Tàpeis, le tapis. Ainsi n’en doutez pas, ces deux termes ont la même signification : une façon de séparer du monde naturel un espace par un procédé de sacralisation.

Le tapis, comme le temple, est donc un espace à part, un endroit retranché, un lieu coupé du monde, et ainsi sa pleine signification est « un endroit sacré qui s’exclu du monde profane ».

De cette même racine Tem- viennent de nombreux mots, qu’on retrouve dans les différentes langues issues de l’origine indo-européenne : les mots time (temps) et tide (marée) en anglais, ou encore teppich (tapis) en allemand. L’origine indo-européenne est bien sûr le sankrit – où le mot Kala / Kalo signifie le temps et le destin, dont le dérivé latin calendae donne notre mot calendrier.

Choisir son tapis 

Dès lors qu’on respecte l’idée que le tapis est sacré, qu’il vous protège, que c’est un espace intime, que c’est l’arme absolue du guerrier qui sommeille dans chaque yogi(ni) prêt(e) à combattre avec lui-même – il faut faire le bon choix. 

Ce choix se détermine en fonction de votre pratique, de votre taille aussi, et de vos préférences. Voici quelques conseils pour vous aider :

1 – La matière, tout d’abord.
Peu importe la pratique, choisir toujours un tapis « non toxique » (ce qui est assez courant mais pas obligatoire donc vérifiez bien), voir « écolo » (il y a des formes de caoutchouc naturel), voir « éco-responsable » car le yoga est un business, et comme on fait des baskets, on fait aussi aujourd’hui des tapis de yoga !

Une notion d’importance est sa faculté anti-dérapante, à savoir un tapis qui ne glisse pas malgré des mains moites. Non-négligeable pour les pratiquants de yoga dynamique.

1bis – On parle bien de tapis de yoga et non de tapis de gym, donc évitez les achats dans les magasins de sport, ou autre tapis du style polyester amidonné qui sert à gainer et à protéger thermiquement les tuyaux et conduits.

2 – L’épaisseur ou l’éternel dilemme !
De son épaisseur découle deux conséquences qui se confrontent : un tapis fin est léger à transporter mais on peut se blesser dessus lors de la pratique, un tapis épais offre lui du confort pour la pratique mais devient lourd à transporter.
Cette épaisseur varie souvent de 3 mm à 9 mm. Les tapis fins sont mieux pour les équilibres, les plus épais pour les pratiques plus dynamiques pour éviter de se blesser en roulant sur le dos par exemple. 

3 – La dimension et la forme.
Les dimensions du tapis doivent être adapté à votre taille (on trouve communément deux formats, le standard 180×60 et pour les plus grands 200×60 ou 80). Là encore confort du tapis pour la pratique et confort pour le transporter s’affrontent. Quand à la forme, bouts pointus ou arrondis, c’est à vous de voir !

4 – L’esthétisme.
Vous pouvez choisir différentes matières – caoutchouc (matière plastique la plus répandue, mais attention les qualités sont diverses), toile de jute, tissus coton, liège, … ou encore poils de chèvres pour la méditation – et il faut bien souvent tester pour apprécier donc … Pour ce qui est de la couleur, c’est selon vos préférences – attention tout de même aux couleurs claires qui se tâchent facilement.

Pour conclure

Si vous êtes nomade et devez transporter souvent votre tapis, préférez un léger – sinon vous allez casser tous les bienfaits de votre pratique avec un poids lourd sur le dos. Si vous pratiquez chez vous ou pouvez laisser votre tapis dans le centre, prenez un plus épais pour le confort. 

Pour ma part, après plusieurs années, je préfère avoir un tapis léger et donc plus fin, et le couvrir d’un sur-tapis en tissus si besoin. J’évite ainsi de me casser le dos car je me déplace partout et de plus, le sur-tapis a deux avantages : il emmagasine ma sueur et je peux le changer pour le laver – ainsi ma surface de pratique est régulièrement nettoyer en profondeur. 

Il n’y a pas de bon ou mauvais tapis, il y a juste des tapis adaptés ou non à vos besoins et préférences.

Même si ce n’est pas altruiste dans le fond, un dernier conseil : ne prêtez jamais votre tapis ! C’est un espace d’intimité, sur lequel vous marchez pieds nus, sur lequel vous suez, posez vos mains, votre bouche, … et n’hésitez pas à faire remarquer à toute personne qui marcherait dessus de faire attention (ça, ça m’exaspère !!!). 

Enfin, lavez toujours un tapis quand vous venez de l’acheter, ils sont souvent protégés d’une couche de produits qui vont les rendre plus glissants.

Choisissez également le sac à tapis adapté – simple et léger, ou plus complexe avec poches et du coup plus lourd, mais tellement plus pratique pour y ranger sa gourde, ses huiles, … voir sa brique et sa sangle. 

Unissez votre entité, espace sacré : votre corps, votre tapis, votre temple.

Bonne pratique et bonne rentrée ! Namasté

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La Force du Sommeil

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extrait de mon livre Ma Leçon De Méditation
aux Editions Eyrolles – isbn 2212558627

1 – Méditation et  Sommeil

Méditation et sommeil ont beaucoup en commun, au point que certains considèrent le sommeil comme une forme de méditation sans support. Ils sont aussi étroitement liés : la méditation apporte le calme qui aide à dormir, le sommeil apporte le repos sans lequel la méditation, ni aucune autre activité cérébrale, ne serait possible.

 

Tout comme la méditation, le sommeil entretient un lien étroit avec l’ésotérisme, d’ailleurs souvent sur les mêmes idées – voyages astraux, ouvertures sur dimensions parallèles, … – et d’un point de vue médical, le repos du cerveau et donc du métabolisme les rapprochent également. Cependant la méditation ne peut pas remplacer le sommeil – et voici pourquoi :

A – Généralités

Le sommeil, état du somnus – venant du latin sopnos dont l’équivalent grecque hypnos, dieux du sommeil, père de Morphée -, opposé à l’éveil, état du vigil – racine latine qui signifie attentif, donnant le mot vigilant.

Aujourd’hui, nous savons que le sommeil n’est pas juste un état de mise en veille de nos activités mentale et physique, c’est un véritable état second de tout notre être. Les recherches nous montrent que nous passons par différents stades bien précis et dans un ordre immuable, ceux-ci accompagnés de modifications physiologiques importantes à tous les niveaux : phases d’activité du cerveau, rythme cardiaque et respiratoire, température, sécrétions hormonales, …

L’homme dort en moyenne sept à huit heures, dont 10% de la population mondiale étant ce qu’on appelle « les gros dormeurs » avec un besoin de dormir neuf à dix heures, et 5 % étant des « petits dormeurs » qui se sentiront bien malgré cinq à six heures de sommeil. En matière d’équivalence de récupération à la durée du sommeil, il n’y a donc pas de « norme », seul l’individu ressent ce besoin. Des études ont montré que c’est à la fois notre génétique, mais aussi notre enfance et notre adolescence qui vont influencer sur ce besoin.

Lors du sommeil, il a été constaté d’après différentes études une série de processus physiologiques et biochimiques qui engendrent :

– la consolidation des acquis, intégration des expériences émotionnelles et favorise la mémorisation par le cerveau

– la diminution de l’activité cérébrale dans les régions qui gèrent les émotions, la prise de décision et la socialisation, qui a pour conséquence l’élimination du stress

– le renforcement des liaisons entre les cellules nerveuses

– la réparation (cicatrisation) et renouvellement de la peau, due à la division cellulaire de l’épiderme

– la réparation (en cas de fractures par exemple) et renouvellement du squelette

– la réparation des tissus et ainsi que le renforcement de la structure des muscles

– l’élimination des toxines dans les systèmes endocriniens, respiratoires et cardiovasculaires

– l’activation et régénérescence du système immunitaire, d’où ce besoin de dormir en cas de maladie infectieuse

Il a été constaté chez certains insomniaques chroniques, des dégénérescences importantes, voir la mort. Le sommeil, tout comme l’eau, l’air et la nourriture, nous est donc vital et nécessaire à une bonne santé.

B – Sommeil lent, léger, profond et paradoxal

Quand nous nous endormons, nous rentrons dans des phases de sommeil lent (SL), entrecoupés d’un autre type de sommeil qui ne représente que 25 % de notre sommeil total, appelé sommeil paradoxal ou REM (rapid eye movement) pendant lequel l’œil bouge, moment où notre cerveau s’adonne aux rêves.

Notre sommeil lent se compose en quatre stades – les deux premiers (SL1 et SL2) sont appelés sommeil léger et les deux derniers (SL3 et SL4) le sommeil profond.

Les études faites avec hypnogramme, machine faisant des tracés selon l’activité cérébrale, montrent qu’un cycle de sommeil dure entre 90 et 120 minutes. Ils sont composés de vagues :

Deux cycles : SL1–SL2–SL3–SL4–SL3–SL2–SL1–REM–SL1–SL2–SL3–SL4–SL3-SL2-SL1-REM-

Nous avons quatre à cinq cycles par nuit. En début de nuit, le sommeil profond (SL3 et SL4) est plus prononcé et sa durée proportionnelle semble la même pour tous, qu’on dorme cinq ou dix heures, le reste étant plus de sommeil léger. En fin de nuit, c’est le sommeil paradoxal (REM), celui des rêves, devient le plus important.

Plus le sommeil intervient tôt dans la soirée et plus il est récupérateur, des études de chronobiologie montrent que le sommeil est favorable entre 20h et 9h00 et de 12h à 14h pour sieste, les périodes propices à l’activité physique et intellectuelle étant de 10h00 à 11h30 et de 15h à 21h. L’heure du coucher influence sur la qualité et la quantité de sommeil.

C – Quand l’ésotérisme rattrape la science

Du mystère des rêves à celui de la régénération du corps par le sommeil, en passant par les interprétations possibles de ce qui se passe dans notre cerveau quand on dort : la science a bien du mal à répondre. Là où la science échoue, l’ésotérisme prospère …

Le sommeil paradoxal n’a été découvert qu’en 1953, par Nathaniel Kleitman et Eugène Aserinsky. C’est eux-mêmes qui ont déterminés que cette phase était celle des rêves, observant les mouvements oculaires rapides, réveillant alors la personne pour lui demander si elle rêvait – près de 95% des sujets répondaient positivement.

Cependant certaines études ont prouvé depuis que les rêves interviennent également en phase de sommeil lent. La construction du rêve, ses causes, ses fonctions, … il y a quelques hypothèses, mais cependant nous sommes encore aujourd’hui dans l’ignorance quasi-totale.

Les interprétations psychanalytiques sont nombreuses et ont d’ailleurs donné le concept de l’interprétation des rêves, où tout se prête à analyse pour comprendre le conscient et l’inconscient. Si cette veine tente à « rationnaliser » le rêve, le monde ésotérique lui préfère y voir le souvenir de voyages astraux dans des mondes parallèles.

Il en est de même pour l’activité de notre cerveau lors du sommeil : que fait-il réellement ? Nous savons qu’il devient une espèce de zone autonome temporaire, comme si il se refermait sur lui-même, sans pour autant se couper du monde, puisque même dans les stades profonds, on sait qu’un stimulus suffisamment fort est perceptible par le cerveau et commander à l’individu de se réveiller.

Enfin, nous savons que nous « récupérons » pendant le sommeil. Nous nous régénérons – mais comment ? Le processus de régénération est constaté en tout point, le corps se « répare » et reconstitue son potentiel énergétique, mais on ne sait pas « comment ». Le principe de régénération n’a pas trouvé d’explication scientifique. Là encore l’ésotérisme n’hésite pas à prétendre que l’âme part « ailleurs » pour revenir nourrie.

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